Mildiou : taches huileuses et feutrage gris sur les feuilles

Des taches huileuses vert pâle à brunes sur le dessus des feuilles, doublées d'un feutrage blanc-grisâtre sur la face inférieure, signent le mildiou — une maladie causée par des micro-organismes proches des champignons (Phytophthora sur tomate et pomme de terre, Plasmopara sur vigne). Le traitement du mildiou repose d'abord sur l'assainissement et la prévention : retirer les feuilles atteintes, aérer, éviter de mouiller le feuillage, puis, si la pression est forte, protéger le feuillage sain (bouillie bordelaise ou décoctions végétales). Une fois installé sur temps chaud et humide, il progresse vite : mieux vaut agir dès les premières taches.

Basilic : plages jaunes diffuses sur le dessus des feuilles, signe caractéristique du mildiou.
Basilic : plages jaunes diffuses sur le dessus des feuilles, signe caractéristique du mildiou.

Reconnaître le mildiou : les symptômes clés

Le signe le plus fiable est la double face : sur le dessus, des taches irrégulières d'aspect huileux ou translucide, vert-jaune puis brunes ; dessous, à leur aplomb, un fin feutrage blanc à gris apparaît par temps humide (surtout le matin). Sur tomate, les taches gagnent tiges et fruits, qui brunissent et durcissent ; sur pomme de terre, le feuillage se dessèche vite ; sur vigne, on parle de « taches d'huile » sur les feuilles et de « rot gris/brun » sur les grappes. À ne pas confondre avec l'oïdium (feutrage blanc poudreux, plutôt sur le dessus, par temps sec).

Pourquoi mes plantes ont le mildiou

Le mildiou se développe quand l'humidité et la chaleur douce se conjuguent : feuillage mouillé plusieurs heures (rosée, pluie, arrosage sur les feuilles), températures de 15 à 25 °C et air stagnant. Les spores voyagent par le vent et les éclaboussures d'eau, contaminant les feuilles basses en premier. Une plantation trop serrée, un sol gorgé d'eau, un excès d'azote qui rend les tissus tendres, ou des repousses de pommes de terre contaminées d'une année sur l'autre, aggravent le risque. Les étés orageux et les périodes pluvieuses sont les plus propices.

Que faire : traiter le mildiou, du plus doux au plus fort

Agissez vite : coupez et sortez du jardin (pas au compost) toutes les feuilles et parties touchées, aérez en supprimant les feuilles basses et les gourmands, et arrosez au pied le matin sans mouiller le feuillage. En prévention et sur foyer débutant, des décoctions de prêle ou d'ail renforcent les tissus ; le curatif reste limité, car le mildiou se soigne mal une fois installé. Si la pression persiste, la bouillie bordelaise (cuivre, autorisée en bio) protège le feuillage sain à petites doses et à titre préventif — le cuivre s'accumule dans le sol, à réserver aux situations difficiles. En cas de plante très atteinte (tomate, pomme de terre), retirez-la pour protéger le reste de la culture.

Prévenir le mildiou l'an prochain

La prévention est l'arme la plus efficace : espacez généreusement les plants pour que l'air circule, paillez le sol pour bloquer les éclaboussures de spores, et arrosez toujours au pied, jamais sur les feuilles. Pratiquez la rotation des cultures (ne remettez pas tomates ou pommes de terre au même endroit avant 3-4 ans) et choisissez des variétés tolérantes (par exemple les tomates F1 résistantes comme 'Fantasio' ou 'Maestria', ou certaines pommes de terre robustes). Sous serre ou tunnel, aérez bien pour éviter la condensation, et surveillez le feuillage après chaque épisode pluvieux : traiter tôt vaut mieux que guérir.

À retenir
  • Symptôme signature : tache huileuse sur le dessus + feutrage gris-blanc dessous, à l'aplomb.
  • Il prospère par temps doux et humide (15-25 °C, feuillage mouillé) — surveillez après la pluie.
  • Réflexe immédiat : couper et évacuer les parties atteintes (poubelle, pas compost), aérer la plante.
  • Arrosez au pied le matin, jamais sur les feuilles ; paillez pour bloquer les éclaboussures de spores.
  • Bouillie bordelaise = protection préventive à réserver aux fortes pressions (le cuivre s'accumule dans le sol).

Questions fréquentes

Comment différencier le mildiou de l'oïdium ?

Le mildiou fait des taches huileuses sur le dessus avec un feutrage gris sous la feuille, par temps humide. L'oïdium forme un dépôt blanc poudreux, surtout sur le dessus, par temps chaud et sec. Les conditions et l'aspect du feutrage les distinguent.

Peut-on manger les tomates ou pommes de terre touchées par le mildiou ?

Les fruits et tubercules sains d'un plant atteint restent consommables, mais écartez toute partie brunie, molle ou tachée. Un tubercule marqué par le mildiou pourrit vite au stockage : consommez rapidement les récoltes issues de plants malades.

La bouillie bordelaise soigne-t-elle le mildiou déjà installé ?

Non : elle agit surtout en préventif, en protégeant le feuillage encore sain. Une fois les taches présentes, elle limite la propagation mais ne guérit pas les feuilles atteintes. Il faut d'abord retirer les parties malades.

Le mildiou revient chaque année, comment l'arrêter ?

Combinez rotation des cultures (3-4 ans sans tomate/pomme de terre au même endroit), variétés tolérantes, espacement large, paillage et arrosage au pied. Éliminez aussi les repousses et débris de culture, qui hébergent l'inoculum d'une année sur l'autre.

Le mildiou est-il contagieux entre plantes ?

Oui, les spores se propagent par le vent et les éclaboussures d'eau vers les plantes sensibles voisines. Tomate et pomme de terre (même famille) se contaminent facilement ; la vigne a son propre mildiou. Isoler et retirer vite les foyers limite la diffusion.