Chenille du géranium : trous dans les tiges, que faire ?

Si vos géraniums (pélargoniums) présentent de petits trous dans les tiges, des boutons floraux percés et des rameaux qui se dessèchent d'un coup, il s'agit presque toujours de la chenille du géranium, la larve du papillon des pélargoniums (Cacyreus marshalli). Cette chenille verdâtre creuse l'intérieur des tiges et dévore les boutons de l'intérieur. Le traitement le plus efficace consiste à couper et détruire les parties minées, retirer les chenilles à la main et pulvériser du Bacillus thuringiensis sur les jeunes larves avant qu'elles ne s'enfoncent dans le bois.

Pélargonium (géranium) sain, feuillage vert et floraison rouge abondante
Pélargonium (géranium) sain, feuillage vert et floraison rouge abondante

Photo : hortulus · CC BY 2.0

Reconnaître l'attaque : trous, tiges creuses et boutons avortés

Le signe le plus caractéristique est une série de petits trous d'entrée (1 à 2 mm) le long des tiges, souvent entourés de fines déjections brunes (excréments). En ouvrant une tige atteinte, on découvre une galerie creusée et parfois la chenille elle-même : verte à reflets rosés, velue, d'environ 1 cm à maturité. Les boutons floraux sont percés et se dessèchent sans s'ouvrir, et des rameaux entiers flétrissent brutalement car la tige est vidée de l'intérieur. L'adulte est un petit papillon brun de moins de 2 cm d'envergure, actif de mai à octobre, surtout dans le sud et de plus en plus vers le nord.

Pourquoi vos pélargoniums sont touchés

Le papillon des pélargoniums est une espèce d'origine sud-africaine, introduite en Europe autour de 1990 et désormais bien installée sur tout le pourtour méditerranéen, avec une progression vers le nord favorisée par les hivers doux. La femelle pond ses œufs sur les boutons et les jeunes pousses ; dès l'éclosion, la chenille pénètre dans le bouton puis dans la tige, où elle est protégée des prédateurs et de la plupart des traitements. Une même plante peut héberger plusieurs générations sur une saison, ce qui explique les dégâts qui s'aggravent de semaine en semaine si rien n'est fait. Les pélargoniums en pot sur les balcons et terrasses sont particulièrement exposés.

Que faire : couper, retirer, puis traiter au Bt

Commencez par une taille sanitaire : coupez toutes les tiges percées ou molles jusqu'à retrouver du bois sain, et détruisez-les (ne les compostez pas, brûlez-les ou jetez-les en sac fermé). Inspectez les boutons et écrasez les chenilles visibles à la main — un contrôle régulier tous les 3 à 4 jours casse le cycle. En bio-contrôle, pulvérisez du Bacillus thuringiensis (souche kurstaki) sur le feuillage et les boutons : il n'agit que sur les jeunes chenilles encore à l'extérieur, avant qu'elles ne s'enfoncent, d'où l'intérêt de renouveler tous les 7 à 10 jours en période de vol. Réservez tout insecticide de synthèse aux infestations sévères et incontrôlables : il est peu efficace contre les larves déjà à l'intérieur des tiges et nuit aux pollinisateurs.

Prévenir les prochaines attaques

Surveillez vos pélargoniums dès le printemps et jusqu'à l'automne : détecter les premiers trous permet d'agir avant que la population n'explose. Retirez systématiquement les boutons fanés et les tiges sèches où les chenilles peuvent se cacher, et espacez suffisamment les pots pour aérer le feuillage. Avant de rentrer les plantes pour l'hiver, faites une taille de contrôle et vérifiez l'absence de galeries, car des chenilles peuvent passer la mauvaise saison à l'abri dans les tiges. Cette espèce étant invasive et sous surveillance en France, signaler une première apparition dans une région jusque-là indemne aide au suivi ; en cas de doute sur l'identification ou de foyer important, un professionnel du jardin pourra confirmer et orienter le traitement.

À retenir
  • Des trous dans les tiges + boutons percés + rameaux qui flétrissent = chenille du géranium (Cacyreus marshalli).
  • Coupez et détruisez toutes les tiges minées jusqu'au bois sain, sans les composter.
  • Retirez les chenilles à la main lors d'un contrôle tous les 3 à 4 jours.
  • Pulvérisez du Bacillus thuringiensis sur les jeunes chenilles, à renouveler tous les 7 à 10 jours.
  • Surveillez de mai à octobre : agir dès les premiers trous évite l'explosion de la population.

Questions fréquentes

Comment savoir si c'est bien la chenille du géranium ?

Ouvrez une tige percée et molle : si vous trouvez une galerie creusée et une petite chenille verte à reflets rosés et velue, c'est le papillon des pélargoniums. Les boutons percés qui se dessèchent sans s'ouvrir sont un autre signe très fiable.

Le Bacillus thuringiensis suffit-il à s'en débarrasser ?

Il est efficace mais seulement sur les jeunes chenilles encore à l'extérieur, sur les boutons et le feuillage. Une fois la chenille enfoncée dans la tige, elle est protégée : il faut donc combiner Bt, taille des tiges atteintes et retrait manuel, en renouvelant les pulvérisations.

Mes géraniums attaqués peuvent-ils repartir ?

Oui, tant que le pied n'est pas entièrement miné. Après une taille sanitaire sévère jusqu'au bois sain, arrosez et fertilisez modérément : le pélargonium émet de nouvelles pousses. Poursuivez la surveillance car de nouvelles pontes restent possibles jusqu'à l'automne.

Faut-il jeter la plante entière ?

Rarement. Ne détruisez que les tiges atteintes. La plante entière n'est à éliminer que si toutes les tiges sont creusées et que le pied ne redémarre pas. Dans ce cas, jetez-la en sac fermé plutôt qu'au compost pour ne pas disséminer les chenilles.

Cette chenille attaque-t-elle d'autres plantes ?

Elle est très spécifique des pélargoniums (les géraniums de balcon et de jardinière) et, plus rarement, des vrais géraniums vivaces. Vos autres plantes du balcon ne risquent en principe pas d'être colonisées par cette espèce.